
Genèse du royaume des Sidhes - Interview
Les Sidhes sont un peuple féérique très ancien. Ils peuplaient la terre bien avant l'apparition des hommes. À partir du moment où les hommes sont apparus et se sont multipliés, les Sidhes – fort peu nombreux - ont été systématiquement combattus, repoussés, chassés, éliminés. Pour survivre, les Sidhes se sont donc repliés sur une île gigantesque dont ils ont interdit l'accès à tout être humain...
Hello Eric, parle-nous de l'origine de la génèse du royaume des Sidhes. Comment t'es venue l'idée ?
Corbeyran : voilà bien longtemps que l'idée de créer un univers de magie et de fantasy me taraude. Malgré mon attirance naturelle pour les univers sombres, j'avais envie de tracer un récit plus lumineux, plein d'énergie et de couleurs.
Cette BD semble cibler un public large, comme les grandes BD ont souvent su le faire. Elle plaira aux plus jeunes, mais saura également séduire un public adulte ayant gardé un amour de l'imaginaire. Qu'en penses-tu ?
Corbeyran : je ne suis pas très à l'aise avec les notions de frontières ni de limites, ni de tranches d'âges. Les « cases » dans lesquelles on essaie de faire entrer la production galopante d'albums de BD n'ont pas beaucoup de sens pour moi. Je dirai que de manière spontanée, j'ai toujours tendance à m'adresser au plus grand nombre. J'essaie de faire en sorte que mes BD parlent à tout le monde. Mais pour une fois, j'en conviens, cette histoire pourra être appréciée particulièrement par des lecteurs plus jeunes, sans pour cela décevoir ceux qui me suivent depuis longtemps.
Y a t'il aussi dans cette BD une forme de critique sur la naïveté de l'engagement militaire ? Des jeunes qui s'engagent enthousiaste par goût de l'aventure et qui découvrent finalement que la réalité est dure, froide, triste.
Corbeyran : la tendance romantique pousse souvent les auteurs à idéaliser le champ de bataille (parce que c'est spectaculaire) et à glorifier le héros qui massacre et qui triomphe dans un bain de sang. J'ai voulu ici prendre le contre-pied de cette tendance et montrer l'autre face d'une guerre. Adriel - le personnage central - découvre qu'une bataille n'a rien de romantique. Il est horrifié et refuse le combat.
N'est-ce pas risqué de choisir un anti-héros finalement comme personnage principal, en tout cas pour des jeunes qui sont habitués à avoir des héros aux super pouvoirs ?
Corbeyran : je ne pense pas qu'Adriel soit l'archétype du anti-héros. Il n'est ni sombre, ni malveillant, ni lâche, ni cruel. Au contraire, quand il refuse de participer au bain de sang de la bataille il nous montre sa bienveillance et et son humanité. Ce refus lui donnera dans un second temps une vraie dimension charismatique.
Parle nous enfin du dessin de Paulo et des couleurs de Robin
Corbeyran : le Royaume des Sidhes attendait depuis longtemps qu'une bonne fée se penche sur son berceau. Quand j'ai fait la connaissance de Paulo Borges, j'ai tout de suite vu qu'il avait toutes les qualités pour donner vie à ces personnages, pour transcender le récit. Son dessin est plein de vie, ses personnages sont très expressifs. C'est un excellent metteur en scène. Après plusieurs tentatives avortées sur la mise en couleurs, Robin Millet a rejoint l'équipe et a mis tout le monde d'accord. C'est un tout jeune artiste mais ce qu'il est en train de produire sur l'album des Sidhes lui promet un bel avenir.
Interview réalisée par Kamiti - 24 Mai 2024
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