
Bestial 1 - La chronique
Février 1999, Péninsule de Kola, en Russie. Une expédition découvre le corps d'un homme encore en vie qu'elle ramène à Severomorsk. Ses blessures révèlent qu'il aurait été attaqué par un ours. Il devrait être mort. Son sang contient un taux très élevé d'une substance de synthèse difficile à identifier. Il est surnommé Gary Ajar, du russe « brûle » et « braise », en référence au feu de camp éteint qui se trouvait près de lui. Au fil des jours, l'individu se requinque, mais il semble avoir une perception modifiée de la réalité. Un peu plus d'un mois après avoir été recueilli, Gary disparaît laissant derrière lui les cadavres des infirmières et des gardiens. Depuis, il demeure introuvable.

© Malisan, Corbeyran - Kamiti
De nos jours, traqué par des tueurs mandatés par un certain Troldmand et chargés de le prendre vivant, Gary décide de quitter Moscou. Après des années de cavale, il vient d'être repéré. Il a besoin de deux choses : de la came pour tenir le coup, et l'aide de Yéléna, une call-girl. Pour cela, il va devoir se faire passer pour mort. L'escape game mortel réussira-t-il à Gary ? L'homme, ou l'animal, aura-t-il la réponse aux causes de ses métamorphoses ?

© Malisan, Corbeyran - Kamiti
Avec Bestial, Corbeyran revisite et modernise le principe du loup-garou. On reste ici bien loin de la lycanthropie puisqu'hormis la métamorphose, il n'est question ni de loup ni de lune. Gary Ajar serait plus proche d'un Docteur Jekyll et Mister Hyde, sauf que ce n'est pas lui le responsable de ses transformations. Bref, comme il sait si bien le faire, le scénariste invoque une culture populaire en lui donnant une nouvelle dimension. Luca Malisan encrasse son dessin réaliste sage pour l'amener vers plus de noirceur, plus de mystère. Il ose, et c'est exactement ce qu'il fallait pour pénétrer dans le complotisme et la sauvagerie de Bestial, dont la couverture est d'une efficacité redoutable.

© Malisan, Corbeyran - Kamiti
Dans les années 90, les histoires comme Bestial étaient portées par de grands éditeurs comme Delcourt ou Soleil. Aujourd'hui, elles se méritent et il faut aller les chercher, chez d'excellents petits éditeurs qui font le choix de défendre leurs productions comme Kamiti. Avec Bestial, on ne rugit pas de plaisir, mais de terreur, bref, de plaisir terrifiant ou de terreur plaisante.




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